Les histoires, ça a baigné toute mon enfance, qu’il s’agisse des aventures de « Cardechou et Choucarelle » racontées (et vécues) le soir juste avant de s’endormir ou bien de celles des Six Compagnons que je dévorais à toutes heures du jour ou de la nuit.
Les histoires, ça m’a accompagné tout le long de mon adolescence. La bibliothèque des parents rengorgeait de toutes sortes de romans, et si je n’y trouvais pas mon bonheur je passais des après-midi entières à la bibliothèque, choisissant soigneusement les cinq romans, quatre BDs et trois revues que j’allais pouvoir ramener à la maison pour quelques semaines de bonheur.
Les histoires, ça m’a longtemps titillé d’en raconter, moi aussi. Les tentatives de romans avortés au bout de trois pages ne se compte plus. Les exercices de rédaction à l’école se sont révélés difficiles dans les débuts, mais irremplaçables pour l’apprentissage et le sentiment d’accomplissement une fois le point final déposé. Apprendre à lire, à apprécier toutes les facettes d’un roman, à deviner les intentions de l’auteur derrière les mots, ainsi qu’à écrire et à réussir, à son tour, à faire ressentir quelques émotions à ses lecteurs, je pense que ça aura été l’acquisition la plus importante de mon passage au collège.
« L’imagination ce n’est pas le mensonge !« – Crastaing, prof de français universel.
L’écriture, j’ai commencé à m’y mettre sérieusement vers mes 17 ans. (Et pourtant, « On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans » !) Mes premières histoires ont pris la forme de courtes nouvelles, basées sur un ou deux concepts simples : il y a celui de cet inconnu croisé dans le métro qui subjugue, obsède et étonne ; il y a aussi celle de la planète située dans un espace temps mal défini, dont les habitants doivent affronter un événement imprévu mais pourtant si prévisible ; il y a eu cette retranscription naïve d’un jeu de rôle vécu à outrance dans les périodes les plus animées de mon enfance. La relecture de ces écrits datant de ma « préhistoire » donne le vertige quant au progrès que j’ai pu faire – et ceux qui me restent à accomplir. Les années passants, j’utilisais le net pour que le monde entier puisse profiter de mes progrès naissants, et partager avec quelques personnes des écrits diverses et variés.
Certains d’entre eux se retrouveront ici, au sein de ce cahier de 96 pages, dans la rubrique « Mots & Histoires ».
Une autre, proposée lors d’un concours du CROUS dont le thème était « Fragments de campus » a été mise en ligne sur une page réservée. Une troisième, enfin, a été publiée dans un recueil édité par les éditions Souffle-Court et portant comme titre « C’est pourtant joli Bernard comme prénom. »
Une série de nouvelles a également été écrite pour un ‘zine étudiant de La Rochelle et sont regroupées sous un nom : Almanach. Vous pourrez les retrouver ici, sur un site dédié.
La découverte d’une communauté d’auteurs amateurs sévissant sur le net au travers d’histoires appelées « webséries » a donné un deuxième souffle à mon envie d’écrire. Il y aura ce premier projet, pour l’instant inachevé mais que je ne désespère pas de reprendre bientôt, que j’appelle désormais « Le Papillon des Songes ». Un conte moderne fantastique, l’histoire d’une jeune rêveuse qui distille entre les pages de sa nuit des aventures ordinaires, des rêves, des cauchemars. Une histoire qui ne me lâche pas et dont les personnages savent se rappeler à moi au moment où je m’y attends le moins. S’il y a un projet d’écriture parmi tous ceux qui m’ont titillé l’esprit que je devais reprendre et amener à son terme, ce serait celui ci.
Ces dernières années ont été marquées par la naissance, un peu par hasard, d’un projet qui m’a occupée pendant plusieurs années : les Chroniques d’une Vie. Le premier épisode de cette série est né à la suite d’un jeu au sein de la communauté des webséries et n’aurait due être qu’une nouvelle de plus à ajouter à mon répertoire. Les idées affluant, je décidais de transformer l’essai et entamais la première saison de ce qui allait devenir une grande aventure d’apprentissage et d’invention.
« De sa vie à sa mort, suivez les chroniques d’une vie. »
Une première saison achevée, une seconde entamée, des produits dérivés en pagaille, j’aurais même été jusqu’à (auto)publier la première partie de cette singulière aventure en format poche. Les Chroniques d’une Vie auront été pour moi l’occasion de tester différents supports, de décliner un même univers d’autant de façons que mon imagination me le suggérait.
Depuis, l’écriture se fait plus difficile et ça fait bien longtemps que je n’ai pas aligné trois mots de fiction dont je suis réellement fière. Quand j’aurai du temps à y consacrer, je me replongerai corps et âme dans le « Papillon des songes », cette histoire continuera de me hanter tant que je n’arriverai pas à la raconter.












