Quelques mots

De l’art du bricolage pour un tournage

Le 17 rue des arts, ça fait un moment qu’on travaille dessus. Au cours des longs mois de travail, il nous est arrivé de discuter de certains aspects du projet avec des amis, de la famille et parfois des collègues, pour « tester » certaines idées et avoir une vision extérieure sur nos envies farfelues. Au cours d’une discussion avec quelques uns de nos amis du Collectif OYC, l’idée un peu folle de créer une web-série vidéo pour mettre en scène le 17 rue des arts est née. Je n’imaginais pas que j’allais autant me prendre au jeu. Ensevelie sous une pile de cartons, me voilà propulsée chef déco’.

Une histoire en bouts de ficelles et pots de peinture.

J’ai toujours aimé bricoler, même si ça n’a jamais été mon activité de prédilection. Ho, j’avais bien construit des maquettes de voitures ou de bateaux, et même une maison constituée de mini briques et mini tuiles collées ensemble par du ciment étalé avec une toute petite truelle. J’aimais aussi démonter les vieux téléphones, faire de la soudure sur des vieux circuits imprimés ou encore jouer avec le Capsela. Mais depuis l’adolescence, je n’avais guère bricolé que pour monter des meubles ou mon ordinateur.

Ça m’a repris il y a quelques mois, et j’ai pu m’en donner à cœur joie pour la préparation de la web-série « Voyage au 17« . Lors de nos discussions avec Thomas et Amit, respectivement scénariste et réalisateur de la web-série, une idée s’est imposée : les acteurs devaient évoluer, sur le set de tournage, dans un décor réel fabriqué de nos mains. Les listes de dépouillement ont été faites, complétées, et terminées, nous donnant une liste plutôt conséquente de bouts de décors à construire et d’accessoires à récupérer. Coup de bol, deux déménagements avaient eu lieu dans les semaines qui précédaient, ce n’était donc pas le carton à découper qui manquait !

Après une séance de groupe pendant laquelle une dizaine de personnes se sont répartis les bouts de décors à découper, je me suis retrouvée avec une énorme pile de cartons découpés à peindre  et habiller, et tout autant de cartons à découper pour finir ce que nous n’avions pas eu le temps de faire en une après-midi. J’ai redécouvert les joies du bricolage, et ai pu profiter du soleil de juillet pour peindre des kilos de cartons sur le balcon. Un ballon par ci, un bout de bois et de l’élastique par là, je n’ai pas hésité à me servir de tous les outils possibles pour bidouiller les morceaux de décors. Et dans une activité de ce genre, le fil de fer est vite devenu mon meilleur ami. Qu’il m’aide à tresser les tiges des fleurs arobases ou à constituer l’armature du cœur de la femme fatale, j’ai vraiment pris plaisir à donner corps à ce que j’avais dans la tête (et sur papier, dans le scénario !)

Est venu le moment du tournage. Là encore, j’ai pris mon rôle de chef déco bien plus au sérieux que ce que j’imaginais ! Surtout ne rien oublier au moment d’aller sur les lieux du tournage, installer les décors pendant que les acteurs se préparent, tenir prêts les accessoires qui seront nécessaires pour la scène suivante… L’adrénaline était au rendez-vous, je n’ai pas arrêté une seconde des trois jours de tournage. Recréer le chaos au sein des partitions éparpillées au sol, rattraper à la volée des morceaux de décors qui tombaient du mur, être là et avoir sous la main l’accessoire dont avaient besoin les acteurs pour cette scène…  Heureusement je n’étais pas toute seule et les coups de mains de pas mal de monde ont permis que tout soit en place dans les temps !

Si je ne devais partager qu’un moment pendant ces trois jours et demis de tournage, ce serait la fin de tournage de l’épisode 4, « au pied de la lettre« . La journée avait été longue, d’autant plus longue qu’il s’agissait de la deuxième grosse journée de tournage d’affilé. Nous avions tourné un épisode le matin et devion en tourner un autre l’après-midi, sur des lieux différents. J’avais couru en début d’après midi depuis le premier set jusqu’au second pour installer les nombreux éléments de décors et que tout soit prêt lorsqu’une ou deux heures plus tard l’équipe de tournage débarquerait. L’épisode 4 est celui qui possède le décor le plus riche, je voulais donc que tout soit nickel. Il faisait chaud, très chaud, et le set était, bien évidemment, une pièce non climatisée que nous devions fermer complètement pour ne pas avoir les bruits parasites de l’extérieur. L’adrénaline luttait contre la fatigue accumulée de ces deux intenses journées, et plus l’après-midi avançait plus on doutait de finir dans les temps. Et puis vint le moment de la dernière scène. La tension ne se relâchait pas tout à fait, il fallait rester concentrés pour encore quelques minutes ! Dernière scène, donc : les personnages discutent des ficelles du récit devant un tableau noir, et des éléments leur tombent du ciel, comme par magie. J’étais là, perchée sur une chaise de cuisine, sur la pointe des pieds et la main placée au dessus des protagonistes, prête à leur laisser tomber dans les bras confettis et autres accessoires. Ce moment, si je le mets sur pause, il m’en reste la sensation d’être à ma place, et d’être fière du boulot accompli. Ho, tout n’était pas fini, bien sûr, mais j’étais fière du travail déjà fait, fière de ce que j’avais fait de mes deux mains.

Journée de tournage terminée, tout le monde applaudit, se relâche, va se changer, range le matériel et les bouts de décors. Le moment de magie se dissipe, et la fatigue reprend le dessus. Mais cette sensation de fierté flotte encore doucement au creux de mon ventre alors que j’entasse dans les sacs les coupures de journaux et autres papiers griffonnés.

Ecrit le septembre 23rd, 2010. 0 Comments

Un petit coin de web… à habiter.

Ouais, bon.

On peut pas dire que le premier essai se soit montré concluant : ça fait, combien, deux ? trois mois que ce petit coin de web est laissé à l’abandon. Je vois déjà les herbes folles pousser, là, entre deux balises html, et la poussière s’accumuler entre les lignes du css. Nous sommes début mars, et si le temps est encore gris, si les radiateurs chauffent toujours dans les chaumières, et si le thé sur le coin de mon bureau fume toujours pour me réchauffer, dans quelques jours c’est le printemps. Il est temps de débroussailler, de balayer les feuilles mortes qui se sont accumulées sur le balcon de ma maison du web, et de faire le ménage en grand.

Ménage de printempsCes derniers mois, j’ai pris une tonne de photos, j’ai même essayé de réécrire, un peu, j’ai chroniqué, j’ai passé le relais à une nouvelle équipe hyper enthousiaste pour la Fête de la Science, et j’ai bossé encore et encore sur ce projet, ce truc là qui me titille l’imagination depuis quelques mois – quelques années, et qui petit à petit prend forme. Et que vous découvrirez, si tout va bien, un de ces quatre. Mais chut, j’en ai déjà trop dit…

J’ai fait une foule de choses et pourtant je n’ai pas pris le temps de me poser. J’ai installé Lightroom, mais je n’ai pas eu le temps de le lancer, encore, au cours de ces deux mois et demi qui me séparent déjà de Noël. J’ai retrouvé mes vieilles rédactions du collège, mais je ne me suis pas encore posée pour les feuilleter et rire de ma bêtise. Je me suis installée dans un nouvel espace sur le web, mais je n’ai pas encore pris le temps de déballer mes valises. A trop vouloir que tout soit parfait, ici, j’ai fini par ne plus rien faire. Et le retard s’accumulant, la tonne de séries de photos que j’ai prises mais n’ai pas partagé ici, tout ça m’a intimidée. Je n’ose même pas dire « me revoilà » de peur de faire le coup du pétard mouillé, et de ne l’annoncer que pour mieux m’éloigner.

Fuck it.

Je ne sais pas encore trop ce que je veux faire d’*ici*, mais je vais bien voir.
Let’s try.

… par où c’est, déjà, pour publier un nouveau billet ?

Ecrit le mars 13th, 2010. 0 Comments

Time flies by…

J’étais persuadée qu’une fois ma thèse soutenue, j’aurais du temps. Qu’après la Fête de la Science je me retrouverais à pouvoir faire ce que je veux, quand je le souhaite. Qu’une fois la cérémonie de clôture du Festival de très courts-métrages « Les chercheurs font leur cinéma », je pourrais me reposer, écrire, jouer avec mon appareil photo, tranquillement, sans stress ou deadlines qui se profilent à l’horizon.

Et finalement, je me retrouve à jongler avec les choses à faire ; à me demander constamment ce que je suis censée faire là, maintenant, avant qu’il soit trop tard ; à regarder mon appareil photo posé sur un carton, derrière mon bureau, qui se languit de moi. Peut-être que tout cela est une sorte de contre-coup, réaction à ces derniers mois : depuis début juin, je cours contre le temps.

Time flies by

Pour la thèse, d’abord.

  • Un mois et demi pour écrire la première version de mon manuscrit de thèse, pour pouvoir demander une première relecture avant les vacances de mon chef ;
  • trois semaines pour m’occuper des illustrations, des corrections, et pour tout envoyer aux rapporteurs ;
  • Deux semaines d’attente, vite enchaînées avec deux semaines pour prendre en compte les dernières grosses corrections et faire imprimer ces 400 pages ;
  • Une semaine et demi pour préparer l’oral et soutenir, enfin.

J’ai à peine eu le temps de me remettre de ce marathon sprinté que j’enchaîne sur la « Fête de la Science ». Monter une action, contacter des gens, organiser toute la logistique, coordonner les intervenants, préparer les visuels et tout mettre en place, avant le jour J, pour accueillir le public… En un mois et demi. Ca aura été court, intense et épuisant, mais le résultat en aura valu le coup. Je vous en reparlerai bientôt. En parallèle avaient lieu les dernières projections lycée et grand public pour le Festival « Les chercheurs font leur cinéma »… Je vous en reparlerai aussi.

Samedi dernier a eu lieu la cérémonie de clôture, et je pensais pouvoir enfin relâcher la pression et me reposer, ne rien faire. Faux ! C’était compter sans tout le reste. Le « 17 rue des Arts« , notamment, qui suit son petit bout de chemin.

jolimot

Il y a quelques mois, nous avions proposé un challenge, celui de coupler utilisation d’outils du net avec l’art. Les internautes proposent un mot qu’ils aiment, un mot joli, rigolo, vieux ou intriguant, qu’ils soumettent à la communauté des artistes du web. Une liste de ces #jolimots est établie et les artistes peuvent choisir, parmi eux, celui qu’ils souhaitent pour l’illustrer à leur façon : qu’il s’agisse d’un dessin, photo, texte, musique ou vidéo, le champ des possibles leur est ouvert. Entre septembre dernier et aujourd’hui, quatre des mots proposés ont été choisis par des artistes pour être illustrés. Aujourd’hui, nous avons mis en ligne ces premiers #jolimots illustrés sous la forme d’un bouquin virtuel de forme carrée. Ce bouquin, nous espérons l’avoir entre les mains d’ici quelques mois, nous espérons pouvoir tourner les pages et découvrir les #jolimots sur du papier glacé. Quelques internautes motivés se sont déjà manifestés pour illustrer, eux aussi, un #jolimot et quelques mots ont déjà été proposés par twitter pour compléter la liste déjà existante. Petit à petit, le projet prend de la force et j’avoue que j’ai hâte que le nombre de #jolimots illustrés soit suffisant pour que nous fassions éditer le recueil ^.^

Ces challenges que nous proposons et dont #jolimot est le premier exemple, c’est quelque chose qui me plaît énormément. Voir les internautes créer autour d’un thème commun, c’est vraiment chouette, nah ? ^^

Ecrit le décembre 4th, 2009. 2 Comments

La science en fête

Si je devais me relancer dans de nouvelles études et me plonger corps et âme dans une nouvelle discipline scientifique, ce serait sans hésiter l’astronomie. L’immensité gigantesque et mystérieuse qui nous entoure stimule formidablement l’imagination. Chacune des questions que l’on se pose dès lors que notre regard se pose sur une étoile, là haut dans le ciel, apporte son lot d’hypothèses farfelues, de nouvelles questions et surtout de rêves. Qu’est ce donc que cette fameuse matière noire qui semble constituer 80 à 90% de l’univers ? Pourquoi ne sommes nous pas capables de percevoir tout ça ? Pourquoi est-ce aussi important de savoir qu’il y a de l’eau sur la Lune ?

Soleil

Le simple fait de remonter dans le passé lorsque l’on regarde les astres me paraît extraordinaire. Certes, il y a une explication logique, physique, mathématique : la lumière met une seconde pour traverser une distance de trois cent mille kilomètres. Lorsqu’on observe une étoile lointaine, la lumière qui frappe notre rétine est celle que l’astre a émi quelques instants auparavant. Ainsi, si le soleil s’éteignait soudainement, on pourrait profiter de sa lumière pour huit minutes supplémentaire, jusqu’à ce qu’elle cesse de nous parvenir, bien que le Soleil soit bel et bien éteint. Des calculs savants et raisonnements logiques nous permettent d’arriver à cette conclusion. Mais quand on y réfléchit… Pouvoir voyager dans le passer grâce à notre vue ? C’est absolument extraordinaire. La science et la Recherche permettent de construire des instruments qui permettent de voir de plus en plus loin, de remonter de plus en plus loin dans le temps. Les chercheurs analysent, grâce aux rayonnements lumineux, la composition des étoiles et de l’univers à différentes époques, et peuvent observer la complexification des atomes et molécules au cours du temps. Plus ils obervent loin, tôt dans l’histoire de l’Univers, plus les particules sont élémentaires et simples. Ils espèrent, grâce aux évolutions technologiques, pouvoir remonter à l’événement qu’ils supposent être à l’origine de tout, le Big Bang.
Remonter le temps jusqu’à la naissance de l’univers.
Si ça ne vous paraît pas magique, c’est que rien ne peut vous étonner !

Cette semaine a lieu la Fête de la Science. Pour beaucoup, associer le mot « science » avec « fête » paraît antinomique, tellement les souvenirs de leurs cours de physique ou de biologie leur paraissent austères. Pourtant, la science est l’un des plus grand challenge pour l’imagination. Essayer de comprendre comment des systèmes solaires complexes ont pu se construire à partir de simples atomes ; comprendre les liens qui lient l’esprit au corps ; répondre à l’éternelle question de savoir qui de l’œuf ou la poule était là en premier… Comment diable un simple être humain pourrait-il y répondre s’il n’était pas capable d’imaginer des théories qui dépassent tout ce qui existe, s’il n’était pas capable de rêver ?

La tendance actuelle veut que la Recherche ne doit être intéressante que lorsqu’elle est utile, lorsque l’on peut la transcender et créer des vaccins, de nouvelles formes d’énergies, des remèdes miracles grâce aux découvertes qui sont faites dans les laboratoires. Mais si la Recherche est quelque chose de fondamental qu’il faut absolument préserver et encourager, c’est aussi, il me semble, pour qu’on reste conscient que les connaissances que l’on possède aujourd’hui sont infimes par rapport à la quantité de choses restant à découvrir, à comprendre. Parce que rester conscient qu’on ne pourra jamais tout savoir, c’est aussi admettre qu’on pourra toujours imaginer, toujours créer dans notre esprit les pièces manquantes au puzzle de la connaissance. Toujours rêver.

La Fête de la Science c’est une occasion unique pour découvrir le monde de la Recherche, pour se rendre compte de tout ce qu’on a découvert ces dernières années mais aussi de la quantité incroyable de choses qui restent à défricher. De jeudi à dimanche, la Fête de la science prend place sur le campus de Jussieu, l’université dans laquelle j’ai passé le plus clair de mes études. Cette année, je participe à la mise en place de deux de ces actions : le festival « Les chercheurs font leur cinéma« , et une expo / rencontres avec des jeunes chercheurs, ceux que l’on appelle les thésards. Ces événements ne sont que deux petites pierres au milieu d’un mur d’événements, mais ils permettront, je l’espère, de montrer que la science n’est pas quelque chose d’insaisissable et réservé à une élite, mais qu’elle appartient à tous et qu’elle permet de voyager, de se poser une multitude de questions et surtout de rêver à tout ce que l’on ignore encore.

Si, près de chez vous, se tient un événement scientifique lors de cette fête de la science, n’hésitez pas à aller y faire un tour, ça serait bête de se priver d’une occasion de rêver ^^

Ecrit le novembre 16th, 2009. 1 Comment

La page blanche

Quelques modifications dans les textes, quelques images ajoutées ici et là, un dernier module installé dans le menu de droite… Ha, j’oubliais, une dernière modif du css pour la route. Bon, cette fois je crois que ça y est, mon cahier virtuel de « 96 pages » est enfin opérationnel. Me voici face à la première des pages blanches et, surtout, face à la dure tache de la remplir.

Ciel

« 96 pages » c’est mon nouveau chez moi sur le net, un blog, fourre-tout, portfolio et terrain d’expérimentation. Un nouvel espace sur le web où je jetterai en pagaille tout ce qui me chatouille l’esprit, qu’il s’agisse de photos prises à la volée, de moments marquants et pourtant si anodins, ou encore de mes envies et réalisations. Peut-être aussi que ce cahier brouillon sera l’occasion pour moi de me remettre à l’écriture, qui sait !

Pendant longtemps j’ai tenu l’un de ces blogs dans lesquels les ados modernes déversent leurs peurs, envies et joies pour que le monde entier les lise – sauf que dans mon cas je n’imaginais même pas que des inconnus me lisent. Les textes que je rédigeais étaient toujours adressés à des amis, habitants de la toile avec qui j’ai créé, imaginé, vécu pendant plus de quatre ans. Et puis petit à petit, cette envie de parler de moi sur le web s’est estompée jusqu’à disparaître, presque totalement… Est-ce parce que j’ai grandi ? Peut-être. J’ai appris, continué à créer, vivre, imaginer hors du net et aujourd’hui, l’envie de revenir m’approprier un coin de toile se fait de plus en plus pressante. Non pas pour exposer mes états d’âme ou me défouler après une journée épuisante, mais pour partager mes passions et mes découvertes, échanger, m’ouvrir et découvrir encore plus, un pied dans le virtuel et l’autre bien ancré dans le monde réel.

Ecrit le octobre 24th, 2009. 6 Comments

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